Entre l’Être et le Faire

Au cours de mes séances de coaching, quand j’interroge la place de l’être ou que j’invite à faire plus de place à l’être qu’au faire je reçois toujours la même réponse : « mais il faut bien que je fasse quelque chose pour y arriver? »

Nous sommes dans une civilisation où le « faire » passe avant « l’être ». Civilisation technique où l’homme manipule le monde et son environnement sans prendre le temps de questionner le besoin vital, le désir profond, le SENS.

Et quand nous questionnons la place de l’être dans la vie, cela soulève des interrogations voire de la panique chez beaucoup de personnes.

Les commentaires sont les mêmes partout : « je ne peux pas y arriver si je ne « fais rien ». « Ce n’est pas « juste en étant » que je vais y arriver ».

 

Et je ne suis pas différente !

Toute l’année passée m’a vue déployer une grosse  énergie pour mettre en place ma nouvelle identité professionnelle. J’ai beaucoup « fait ». Cela a payé bien sûr, je coache des femmes qui correspondent à mon nouveau positionnement et j’ai rencontré beaucoup de personnes extrêmement intéressantes.

 

Mais je n’étais QUE dans le faire

Alors mon corps a tiré la sonnette d’alarme. Il a fini par me faire « payer » pour cette overdose de faire, cette course frénétique à l’action, dans l’attente d’objectifs définis. Simplement parce que je n’ai pas écouté ce que mon âme me réclamait  : un retour sur moi-même. Une pause !

Pourquoi ne me suis-je pas écoutée ? Parce que j’avais peur de m’arrêter.

Pourquoi avais-je peur de m’arrêter ? Parce que je ne voulais pas prendre le temps de regarder deux choses, pourtant essentielles à la suite de cette aventure :

1 J’avais peur de ne pas y arriver si je m’arrêtais.

C’est important de comprendre le pourquoi de nos fonctionnements pour éviter de recommencer…

Je croyais que la réussite dépendait de mes actions. Et qu’ensuite je pourrais me reposer.

J’ai largement fait l’expérience de ma croyance : pour réussir, il faut travailler dur… Je vous confirme que c’est sans fin !

D’autres croyances peuvent nous pousser à l’action permanente : j’existe si je suis occupée, je n’ai de valeur que si je travaille beaucoup, je dois être débordée pour me sentir exister (au yeux des autres..), si je ne travaille pas, si je ne fais « rien » je vais passer pour une fainéante, etc, etc…

 

2 Je n’avais pas envie de regarder que peut-être j’étais en train de me planter.

Et de voir que ce je faisais  servait  bien sûr mon entreprise mais me permettait aussi et surtout de ne pas ME regarder dans mon entreprise : trop de risques de voir que je n’étais pas sur le bon chemin avec toute l’énergie que j’avais déployée et tous les changements que j’avais engagé…

Alors je préférais courir pour échapper à mon propre jugement, courir pour échapper à la sentence. Courir et faire toujours plus pour ne pas écouter les signaux par peur d’avoir à tout recommencer…

 

Qu’évitons-nous de regarder à courir sans arrêt ? Sur quel aspect de notre vie ne voulons-nous pas nous arrêter ?

 

Osons faire la pause…
Chacun à notre rythme. Personnellement, j’ai besoin de beaucoup de temps pour moi, de temps de ressourcement, de temps de réflexion (au sens littéral et figuré), de temps pour écouter mon être profond, mon âme, ma source.

Nous avons tous notre rythme interne.

L’important n’est pas de faire ceci ou cela mais d’apprendre à nous écouter pour trouver notre équilibre.

Et cet équilibre se trouve entre l’être et le faire.

Plus exactement dans la relation entre l’être et le faire.

 

C’est quoi être? C’est prendre le temps de s’écouter. Prendre le temps de se créer des espaces à soi, pour soi, vers soi. Dans l’intimité de notre être, de nos dialogues intérieurs. De nos rêves aussi. Car nous avons oublié nos rêves.

Se retourner vers soi, c’est retourner à l’écoute de nos rêves, de nos visions profondes et nous connecter à qui nous sommes vraiment. Cela demande de s’arrêter. De faire une pause. De contempler le monde et notre monde.

Cela demande du courage aussi. Celui de ne plus fuir, de ne plus se cacher derrière le mouvement, le geste, la technique, l’avoir ou le pouvoir. De ne plus se cacher derrière nos habitudes ou nos certitudes mais de (nous) remettre en question.

Cela demande l’humilité de douter, sans pour autant vaciller, pour s’ajuster à nos envies profondes et vitales.

 

Cela permet aussi de faire le lien entre ce que nous vivons au dehors et ce que nous vivons au dedans. Lien indispensable pour faire de notre vie une œuvre personnelle et créatrice.

 

Équilibrer l’être et le faire, c’est apprendre d’abord à être pour ensuite agir par des actes nourris par nos besoins et envies profondes. Pas par nos peurs ou nos croyances limitantes. Pas par nos automatismes ou nos réponses réflexes. Ces actes viendront nourrir notre être et éveiller d’autres envies ou d’autres rêves qui créeront d’autres actions. Nous serons alors dans des actes inspirés. Et non plus dans des actes expirés…expirés par notre mental, conditionnés par notre histoire, par notre environnement, par les médias… par internet. Nous serons alors dans notre spirale vertueuse.

Trouver l’équilibre entre l’être et le faire, c’est mettre en relation notre être profond et nos actes conscients.

 

Et revenir à nous-même.  C’est nourrir notre  relation à la hauteur de nos besoins. Mon être profond a besoin de solitude, d’espace en moi qui s’ouvre vers l’infini au dedans pour aller ensuite vers le dehors, pour agir  dans des actes conscients, inspirés et centrés sur le « nourrissement » de mes valeurs.

Valeurs orientées vers le monde dans des actions alignées avec qui je suis. Et cet alignement, je ne peux, nous ne pouvons le trouver que dans la profondeur du silence de notre être, nourri par les allers-retours entre le dedans et le dehors.

Être, c’est aussi apprendre à être en relation avec l’autre comme avec soi-même, dans l’écoute et le respect de ce qu’il y a au dedans comme au dehors. Être en relation avec soi au-dedans permet de faire la relation avec ce que je vis au-dehors.

Alors quand mon corps m’a averti à plusieurs reprises, j’ai fini par l’écouter. Je me suis arrêtée de faire. Et comme j’étais allée trop loin dans un sens j’ai dû aller loin dans l’autre sens. Je n’ai RIEN pu faire pendant plusieurs semaines. Rien d’autre que le quotidien, le travail et les rendez-vous ! Rien de tout ce que j’avais entrepris auparavant : plus d’internet, plus d’écriture, plus de réseaux, plus de contacts, plus de post sur Fb, plus de vidéos… L’overdose du faire m’a plongée dans le vide du « rien faire ».

Il m’a fallu du temps avant d’en sentir les effets. Comme si ce trop de « faire » avait envahi mon intérieur, j’ai eu l’impression de devoir me vider de « tout le faire » de ces derniers temps avant de pouvoir me sentir en contact avec moi. Avant de sentir le contact avec le « vide ».

…Le vide fertile.

Quel bonheur de le sentir à nouveau, de goûter à la saveur de ces sensations au dedans. Je me suis rendue compte en les sentant à nouveau, ces sensations de « l’espace de ma source en moi », que j’avais eu peur de ne plus les sentir. À force de tant faire et de perdre la connexion avec moi-même j’ai cru que je l’avais perdue!

J’ai cru que je m’étais perdue… Il faut du temps, de la patience, de la lumière (et parfois quelqu’un qui tient la lampe pour nous!) et beaucoup d’amour pour se re-trouver. Il faut de l’amour surtout…

Nous avons tous cet espace à l’intérieur de nous qui ne demande qu’à se reconnecter.

Prenons le temps de faire ce retournement. De nous reconnecter à notre intériorité. De nous ressourcer à notre propre source.

Prenons le temps d’écouter nos voix intérieures qui nous parlent de nous et du monde dans lequel nous avons envie de vivre…

Et grâce à cette pause j’ai pu ré-entendre la voix de mes rêves, ré-écouter le sens de mes actes et la direction à prendre. J’ai pu reprendre la lecture intérieure de qui je suis vraiment et qui j’ai envie d’être, en connexion avec ma source et le monde. J’ai pu alors retrouver mon inspiration et mon souffle, pour à nouveau écrire, me relier et redonner du sens à ma vie.

 

Ré-apprenons à inspirer nos actes de l’intérieur vers l’extérieur.

Nourrissons-nous à l’extérieur de ce qui va illuminer notre intérieur. Soyons le pont entre l’infiniment grand au dedans et l’infiniment grand au dehors. Soyons des passerelles inspirées pour créer des actes conscients, porteurs de sens, de reliance et de pleine santé pour nous et ce monde que nous voulons créer…

Notre vie n’en sera que plus belle et plus lumineuse.

C’est peut-être ça la réussite?

 

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J’espère que cet article vous aura été bénéfique, si c’est le cas je vous invite à le partager et à me partager vos impressions.

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